La Suisse s’est abstenue de proposer une interdiction de se couvrir le visage dans les lieux publics

BERLIN – Les électeurs suisses ont approuvé de justesse dimanche une proposition visant à interdire le couvre-visage, qu’il s’agisse du niqab ou de la burqa portés par certaines femmes musulmanes du pays, ainsi que des masques de ski et des bandes utilisés par les manifestants.

Cette mesure interdira de se couvrir le visage dans les lieux publics tels que les restaurants, les stades de sport, les transports en commun ou tout simplement de marcher dans la rue. Il s’attend à des exceptions sur les sites religieux et pour des raisons de sécurité ou de santé, telles que les masques faciaux que les gens portent maintenant pour se protéger contre le COVID-19, ainsi que pour les célébrations traditionnelles du carnaval. Les autorités ont deux ans pour élaborer une législation détaillée.

Deux cantons ou États suisses, le Tessin et Saint-Gall, disposent déjà d’une législation similaire prévoyant des amendes en cas de violation. La législation nationale alignera la Suisse sur des pays comme la Belgique et la France qui ont déjà adopté des mesures similaires.

Le gouvernement suisse s’est opposé à cette mesure, la qualifiant d’excessive, arguant que se couvrir complètement le visage est un “phénomène marginal”. Il a fait valoir que l’interdiction nuirait au tourisme – la plupart des femmes musulmanes qui portent un tel foulard en Suisse sont des visiteurs des riches États du golfe Persique, souvent attirés par les villes suisses au bord du lac.

Les experts estiment qu’au plus quelques dizaines de femmes musulmanes portent des couvertures intégrales dans le pays de 8,5 millions d’habitants.

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Les partisans de la proposition, qui a été votée cinq ans après son lancement, ont fait valoir que les couvertures intégrales symbolisaient l’oppression des femmes, et ont déclaré que la mesure était nécessaire pour défendre un principe fondamental selon lequel les visages devraient apparaître dans une société libre comme la Suisse.

En fin de compte, 51,2% des électeurs ont appuyé le plan. Il avait une majorité contre lui dans six des 26 cantons de la Suisse – parmi lesquels ceux qui comprenaient les trois plus grandes villes du pays, Zurich, Genève, Bâle et la capitale, Berne. La télévision publique SRF a rapporté que les électeurs de plusieurs destinations touristiques populaires, notamment Interlaken, Lucerne et Zermatt, l’ont rejeté.

Parmi les partisans se trouvait le Parti national du peuple suisse, le plus fort au parlement. Le comité qui a lancé la proposition est présidé par un législateur du parti, Walter Wubman, qui a également lancé une interdiction de construire de nouveaux minarets approuvés par les électeurs en 2009.

Une coalition de partis de gauche opposés à la proposition a mis en place des pancartes avant le référendum qui disaient: “Absurde. Inutile. Islamophobie.”

Wubman a déclaré à SRF que l’initiative portait sur “le symbole d’un système de valeurs entièrement différent … un islam très radical” et la sécurité contre les “émeutiers”. Il a dit: “Cela n’a rien à voir avec la politique symbolique.”

Les électeurs ont eu leur mot à dire sur deux autres questions dimanche. Ils ont apparemment rejeté une proposition d ‘«identité électronique» volontaire pour améliorer la sécurité des transactions en ligne – une idée qui entre en conflit avec les défenseurs de la protection de la vie privée, comme les entreprises privées auraient pu émettre – et ont à peine accepté un accord de libre-échange avec l’Indonésie.

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